Ces dernières semaines, les auditions portaient sur le fonctionnement interne des fonds (stratégies, rendements, pratiques). La commission élargit désormais son périmètre à l'environnement de contrôle, en convoquant deux types d'acteurs : la Compagnie nationale des commissaires aux comptes, le Conseil national des administrateurs judiciaires, et trois acteurs économiques ; Prudentia Capital, présenté comme un modèle alternatif aux fonds vautours, Saint-Gobain, auditionné pour éclairer dans quelles conditions Lapeyre a été cédé à Mutares et Europlasma concernant leur crédibilité et responsabilité dans la reprise.
La commission cherche désormais à comprendre comment les acteurs assermentés encadrent ces opérations, comment les liquidations se déroulent concrètement, et pourquoi le salarié reste insuffisamment protégé.
4 angles morts ont été identifiés dans la gouvernance :
- Contrôle tardif : Les acteurs de contrôle (commissaires aux comptes, administrateurs judiciaires, tribunaux) interviennent tous une fois la dégradation déjà engagée, sans qu'aucun mécanisme ne permette d'anticiper.
- Absence de suivi post-cession : Aucun dispositif ne vérifie les engagements pris par les repreneurs après la cession (une fois l'accord signé, les promesses n'ont plus de garant).
- Zone grise juridique : Des pratiques potentiellement prédatrices demeurent légales tant qu'elles ne franchissent pas un seuil que la loi peine elle-même à définir.
- Crédibilité et responsabilité du repreneur : la commission met en doute la capacité réelle de certains acteurs à mener un redressement industriel, notamment lorsque leur modèle repose sur des financements dilutifs ou des paris technologiques incertains, y compris sur des actifs à dimension stratégique.