Après avoir documenté les pratiques des fonds vautours et les défaillances du droit des procédures collectives, elle élargit son périmètre à trois nouveaux thèmes : la souveraineté industrielle en matière de défense, la financiarisation des professions libérales de santé, et le rôle des créanciers étrangers dans les restructurations d'entreprises d'importance vitale. Le cas Atos est revenu plusieurs fois dans les discussions.
La commission a auditionné des acteurs de contrôle (président du TAE de Paris, administratrice judiciaire, Commission européenne), des fonds (Apollo, BC Partners, Ardian), des témoins directs (syndicats et PDG d'Atos, Europlasma, professions libérales de santé) et des acteurs de l'écosystème financier et industriel (BPIFrance, Fédération bancaire française, organisations patronales).
Cinq éléments structurantsont été identifiés dans cette quinzaine :
- Souveraineté et dette dispersée. Le dispositif de contrôle des investissements étrangers en France ne couvre pas les prises de contrôle effectuées via une dette répartie entre des créanciers étrangers sous le seuil de 10 %, ce qui constitue la modification législative la plus urgente identifiée dans cette quinzaine.
- Vide juridique post-cession. Le Livre VI du code de commerce ne prévoit aucun outil pour sanctionner un créancier-actionnaire qui interfère dans les décisions opérationnelles d'une entreprise une fois le plan de cession homologué.
- Financiarisation par contrainte tarifaire. Dans les secteurs réglementés, la dégradation des tarifs publics a rendu l'entrée des fonds structurellement inévitable. L'État est co-producteur de la vulnérabilité qu'il cherche à corriger.
- Décrets d'application non publiés. L'ordonnance de 2023 relative à l'exercice en société des professions libérales réglementées reste inapplicable faute de décrets. Leur parution rendrait illégaux les pactes d'associés sur lesquels reposent les valorisations d'une partie des fonds investis dans la santé.
- Porosité entre sphère publique et fonds d'investissement. La présence de l'ex-DGA Laurent Collet-Billon comme administrateur d'Europlasma et vice-président d'Atos illustre la porosité documentée entre sphère publique de supervision et fonds bénéficiaires des restructurations.